Maroc : Meryem Daali, la plus jeune candidate aux législatives “Je suis contre la politique du quota”

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La plus jeune candidate aux législatives se présente sous les couleurs du Parti de l'Authenticité et de la Modernité dans la circonscription de Moulay Rachid, à Casablanca. Elle évoque dans cet entretien ce qui a motivé son implication politique et souligne que l'heure est à la mobilisation à l'intérieur des institutions et non aux manifestations de rue.

Pour quelles raisons participez-vous aux élections? Est-ce que votre mère, Farida Naïmi, est derrière votre choix ?

Ma participation aux élections intervient dans la conjoncture que vit le Maroc qui dicte à tous les segments de la société, en particulier les jeunes, de réagir collectivement en laissant de côté la protestation, en contribuant aux réformes politiques et en participant dans des institutions. Et sans rien vous cacher, ma mère, qui est conseillère parlementaire, m’a ouvert la voie vers cette participation sous les couleurs du Parti de l' Authenticité et de la Modernité.

Pourquoi n'avez-vous pas présenté votre candidature sur la liste des jeunes? Ainsi, une cinquième place dans cette liste vous aurait garanti un siège au Parlement...

Nous vivons une période de défi auquel sont confrontés les jeunes. C’est pour cette raison que j’ai décidé de porter ma candidature dans une liste locale. De plus, je refuse de participer à une institution législative par le biais du quota. Et j’espère que ma candidature dans la liste locale va me rapprocher des citoyens, de détecter leurs attentes et les encourager à croire en l'avenir du Maroc.

Certains pensent que votre candidature est davantage un prétexte pour le PAM à rendre sa campagne électorale plus attrayante et l'intéresse plus que le fait de remporter un siège dans la circonscription de Moulay Rachid...

Ce n’est pas vrai! Le parti a eu l’occasion de designer un autre candidat qui a déjà été élu dans cette même circonscription. Le PAM m’a choisie car il croit que la priorité est aux jeunes, d’autant qu’il est convaincu que les Marocains vont voter pour les jeunes.

Le 20 février 2011, des jeunes de votre âge sont descendus dans la rue pour réclamer des réformes politiques et dénoncer la corruption. A présent, ils appellent au boycott des élections...

Mon point de vue était bien clair à ce sujet d’autant que chacun de nous a commencé à avoir de la sympathie pour le mouvement du 20 Février car il représentait les revendications de la société marocaine. Cependant, après le discours du 9 Mars 2001, et le référendum du 1er juillet, de nouvelles conditions sont apparues surtout au niveau de la Constitution qui invite les jeunes à travailler au sein des partis politiques et des institutions. Le Maroc nouveau qui se dessine ne peut être dirigé par des mentalités anciennes. Il me semble clair que la participation est aujourd'hui plus efficace et plus rentable que les manifestation de rue.

Quelles sont les particularités de votre circonscription?

Nous sommes dans une circonscription très vulnérable. Personnellement, je me suis retrouvée à l'âge de  23 ans face à des candidats très âgés, des visages connus et qui reviennent à chaque élection. L'un de ceux-là, âgé de 86 ans, voulait prendre ma place au sein du PAM, mais le parti a préféré ma candidature. Cet homme est candidat aujourd’hui de l'Union constitutionnelle. A cause de ces visages connus, familiers ou consommés même, et en raison des campagnes qui manquent d’intégrité, cette circonscription est caractérisée par une certaine réticence à l'égard de la chose politique.

Mokhlisse Sghir

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