Le PlayBook, une tablette solide... à condition de posséder un BlackBerry

17:03 |


Les médias américains sont plutôt agréablement surpris par la tablette. Dommage que RIM se tire une balle dans le pied avec des choix incompréhensibles...

De notre correspondant à Los Angeles

Tablettes, acte 3. Après la sortie de l'iPad 2 et des tablettes sous Android Honeycomb comme le Xoom de Motorola, c'est au tour de RIM d'entrer dans la danse avec son PlayBook, disponible le 19 avril aux Etats-Unis (et sans doute d'ici l'été en Europe). Est-ce un iPad killer? Absolument pas, répondent les testeurs américains. Une alternative intéressante? Oui, mais pas pour tout le monde. Explications.

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Hardware: solide

Déjà utilisé par Samsung sur le Galaxy Tab, le format 7 pouces choisi par RIM divise toujours. PC World apprécie «de pouvoir l'emporter dans une grande poche de manteau». Mais selon Engadget, «même si la mobilité compte, le format 10 pouces reste plus confortable à utiliser». Tout le monde loue, en revanche, les qualités de l'écran, «très réactif», note le Wall Street Journal, des haut parleurs, et des deux caméras, avec «le meilleur appareil photo» existant sur une tablette, selon Gizmodo. La batterie, elle, déçoit légèrement, avec des chiffres allant de «5 à 6 heures» pour le WSJ, à 7h01 pour Engadget, loin des 10 heures de l'iPad 2. Mais à la différence de la tablette d'Apple, le PlayBook embarque directement une sortie HDMI, ainsi qu'un port micro-USB.

Logiciel: RIM enfin dans la course

Oubliez le système vieillissant des BlackBerry, le PlayBook embarque un OS tout neuf, développé par QNX, une entreprise rachetée par RIM. «L'interface utilisateur est le point fort du PlayBook», estime le WSJ. «Le multitasking n'a jamais été aussi bien pensé», écrit PCMag, qui précise que Flash mobile y est bien mieux opimisé que sur Android. Plusieurs critiques notent cependant que de nombreux éléments «copient» le WebOS» de Palm. David Pogue, du New York Times, prévient «que de nombreux bugs sont encore présents» et que RIM «travaille dur pour les corriger avant la sortie».

Les apps: le désert et un choix inexcusable

«Est-ce que vous êtes assis», prévient David Pogue. «Le PlayBook n'a pas d'applications natives pour les emails, les contacts, le calendrier ou même la messagerie populaire BBM», attaque Wall Mossberg. On répète: la plupart des fonctions basiques de tout smartphone ou tablette sont passées à la trappe. Explication: on peut synchroniser son BlackBerry, pour profiter de la connexion Internet 3G et de ses apps bureautiques, qui se lancent alors sur le PlayBook via un logiciel baptisé Bridge. Que se passe-t-il pour tous ceux qui ne possèdent pas de BlackBerry (soit 90% de la planète)? Rien, nada. Il faut passer par le navigateur –encore faut-il se trouver dans le voisinage d'un hotspot wifi. RIM justifie sa décision pour des raisons de sécurité. Mais la presse US, à l'unanimité, estime qu'il s'agit d'un «deal-breaker». Le reste des apps (3.000, au lancement) n'est pas épargné. «La plupart sont des conversions d'apps Flash, loin d'être optimisées pour le tactile», note Josh Topolsky.

Conclusion: Attendre une mise à jour logicielle

«Dans l'état, je ne peux pas recommander son achat. Le PlayBook est davantage un compagnon au BlackBerry qu'une tablette utilisable seule», conclut le gourou Walt Mossberg. David Pogue n'en revient pas: «Il y a des caméras mais pas de logiciel de chat vidéo». Mais tout espoir n'est pas perdu. Les apps natives manquantes devraient débarquer cet été, lors d'une mise à jour logicielle. Le PlayBook supportera également les apps Android, via un mode émulation. Mais dans l'immédiat, à moins de posséder un BlackBerry, inutile de demander à un ami américain de vous expédier le PlayBook.

— Philippe Berry

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